Une valse… peut-être

La tête enfouie dans mon ombre, j’erre sans but dans les méandres obscurs de la nuit. En pointillés, comme autant de traits tirés sur l’envers d’une page noircie. Les mots ne se laissent plus décrypter. Je la regarde, cette page, à la lumière jaune d’un réverbère, mais elle a glissé dans l’opacité, en suivant le dessin d’une feuille morte. Un air de valse s’est enroulé autour de ma taille et a envoyé tous les vertiges au ciel ou peut-être au diable. De loin, je vois cette fillette qui saute dans les flaques d’eau, figée pour l’éternité. A moins que ce ne soit mon regard qui ait pris le temps en otage. La pluie s’est arrêtée de tomber mais pas son crépitement sur les toits qui résonne comme un disque vinyle sur un vieux phonographe. Joue cette valse, écoute cette pulsation et laisse-moi m’échapper. Laisse-moi boire cette nuit jusqu’à la lie. Et disparaître dans le rêve de ce temps adagio qui vient.

3 réflexions sur « Une valse… peut-être »

  1. Je t’ai mis pour partir ta plus belle veste à frange
    Tu n’étais pas bien lourde en ce midi d’hiver
    Du vingt huit janvier deux mil huit devenue ange
    Mais je n’ai pas voulu de leurs mains étrangères

    Je t’ai mis pour partir ta plus belle veste à frange
    Ton parfum tes souliers tes talons préférés
    Une pierre d’un bleu marine et ce poème orange
    Un bouquet d’immortelles et de bruyères séchées

    Je t’ai mis pour partir ta plus belle veste à frange
    J’ai revu ce matin notre pont des changeurs
    Relu nos pages blanches brûlé le bois de boulange
    Perdu nos îles enfuies douze heures trente c’est l’heure

    Je t’ai mis pour partir ta plus belle veste à frange
    A longueur de marée m’échappent tes vers encore
    Car j’ai glissé dans ce sable qui t’essange
    Ce qui à mes yeux ne sera jamais un corps

    Stan

  2. Chère Charlotte,
    Merci de ta fidélité, je la ressens comme un fil invisible mais solide qui nous relie.

    Stan,
    Midi c’est un autre fil invisible qui sépare un monde en deux. Midi c’est le pont changeur qui relie deux mondes. Midi c’est le profil du temps qu’on voudrait voir de face. Midi c’est autant la face du monde que Le Monde Vu de Dos. Midi est une ligne de front où combattent les heures perdues. Il est midi.

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