demeure une douleur
accompagnée par les voix
les figures d’un souvenir
les voix
de plus en plus nombreuses
les voix d’une vie
dans le détachement des corps
des lumières en pointillés
voie lactée jaune dans la nuit des villes
demeure une douleur
et je te vois
si loin
ce rocher dans le fleuve de la foule des trottoirs
transpercé par la rumeur incessante
délaissée par les voix
oublié le chant
oublié le souffle
dans le sommeil tourmenté et mouvant
d’une houle noire qui te tend les bras d’une mère
et te berce dans l’ombre douce de ses gouffres
pietà du fond des eaux
dans le sommeil des voix
demeure une douleur
