Souffle

Pourquoi toujours commencer par Et
Le pouvoir de dire
sans le lien qui protège
et rattache l’image de ce bras tendu vers ce paysage blanc

C’est un souffle resserré qui passe à la jointure d’un sablier
Qui coule en sifflant doucement sur la pierre usée

et quand il peut enfin se répandre
ma poitrine se soulève et se détend
gorgée de poussière lumineuse
celle qui traverse les années depuis le fond arrondi du ciel

Une houle légère
Une brise courbant les nuages

Sombrer

La nuit creuse sa galerie dans mes entrailles

et j’y sombre
corps et

Peut-on marcher sur l’amertume
quelques pas sans empreintes
percés par les pointes du silence ?

C’est le corps te dis-je
mille fois replié dans la spirale des voix
humaines

et au centre d’un lac d’eau salée
cette barque sans rameur
ce n’est pas elle qui sombre

*

La nuit n’a pas fini de creuser
je sens l’acide de ses vagues
qui me lèchent

corps et

J’irai jusqu’à la barque
malgré la nappe de silence
sur les eaux salées

ça ou sombrer