Silence

 J’aime regarder toutes ces choses du dehors qui bougent presque imperceptiblement. Cette herbe qui frémit, légère. Le feuillage de l’arbre lointain au travers duquel filtre la lumière du soir. Les pétales blancs du pommier qui tombent aussi doucement que des flocons de neige. Cette branche qui se balance au rythme d’une musique intime.

Et puis, tout à coup, le temps se fige.

Seule la silhouette d’un oiseau tressaille dans le crépuscule.

*

Souffle

Pourquoi toujours commencer par Et
Le pouvoir de dire
sans le lien qui protège
et rattache l’image de ce bras tendu vers ce paysage blanc

C’est un souffle resserré qui passe à la jointure d’un sablier
Qui coule en sifflant doucement sur la pierre usée

et quand il peut enfin se répandre
ma poitrine se soulève et se détend
gorgée de poussière lumineuse
celle qui traverse les années depuis le fond arrondi du ciel

Une houle légère
Une brise courbant les nuages