Page blanche

Voilà bien le sujet le plus éculé qui soit. Loin du clavier, les mots fusent, se cherchent, se trouvent, s’organisent, dessinent la silhouette d’un souvenir, le squelette d’une idée, le scénario d’une petite histoire. Ils tournoient, virevoltent, chavirent, virent de bord et disparaissent comme des étincelles dès que la page blanche apparaît.

Parfois, je les poursuis, je voudrais les dresser, les mettre au pas, les mener à la baguette. Et parfois… ça marche! Et les voilà bien alignés devant moi, noirs sur fond blanc, orthographiés, typographiés.

Mais, le plus souvent, ils m’échappent, ils se dissipent dans une brume de songe, comme s’ils n’avaient jamais existé. Et je me sens béante, riche d’un trésor que je ne peux toucher sans qu’il s’évapore.

Alors, comme aujourd’hui, je laisse mes mots s’épancher tout seuls, en les retenant à peine, en vidant presque mon esprit, avec la curiosité inquiète d’une mère poule qui laisse son enfant s’éloigner d’elle pour la première fois.

5 réflexions sur « Page blanche »

  1. Je suis venue, des semaines durant, hésitant entre les mots et le silence, la crainte et le respect… Ce matin, je me suis levée avec la ferme intention de t’envoyer un mail si la page était encore blanche… Mais elle ne l’est plus depuis quelques jours et je me réjouie de ce retour frissonnant…
    Petite bise à la petite miss 2006

  2. Cécile,
    J’ai eu l’intention de fermer mon blog et puis… je n’ai pu m’y résoudre! J’ai désormais une activité qui ne me laisse que peu de temps pour les blogs. Merci à toi pour ta fidélité … et pour la miss :) .

    Zamomi,
    Oui, c’est l’attention que je leur porte qui les rend uniques, pour paraphraser le narrateur du petit prince.

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