On lui dirait

On lui dirait que non décidément décidément non elle est partie le long d’une note glissante comme un corridor autant de sons comme autant de lignes fuyant dans la vitesse quand toi tu tisses une vie où les ombres te regardent au fil d’un temps rongé par

la lèpre vestiges d’un drap de lin qui l’enveloppait mais on lui dirait que la route a changé que le chemin s’est déplacé que les traces se sont effacées comme autant de chansons effilochées dans les bourrasques de mer dans le grain dans celui que je n’ai pas voulu semer que je garde au fond de ma poche serré dans le creux des collines on lui dirait que tu es partie

que tu es là ou que tu es partie dans la répétition sans fin ou qui s’enfuit glissant dans le corridor penché un vrai toboggan reprenons le fil quand tu courais à perdre on lui dirait que non résolument j’ai perdu le grain que je tenais serré il germera peut-être peut-être où je ne serai pas où je ne serai pas là où je ne serai pas là pour le voir dans quel sillon

dans quelle nuit évanescente tu apparais tu disparais palpitation d’ailes de papillon ce chuintement mystérieux ou ces sons glissant comme des lignes un jour tomberont en volutes au pied d’une colline je vois ton épaule et le feuillage du saule qui la caresse et l’ombre du noyer je frissonne on lui dirait non enfin elle pourrait

lâcher ta main retrouver les traces d’une vie enfuie dans la poussière j’ai perdu le grain de cette vie au milieu des ronces en fleurs.

3 réflexions sur « On lui dirait »

  1. une fille qui parle à sa mère … qui détient encore le conditionnel de l’enfance pour rêver. J’aime vraiment cette forme là, elle enlève.

  2. Kouki, c’est vrai que je pensais à cette filiation féminine.

    Mamzelle, merci, oui beaucoup tu as raison.

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