Marcher sur la pointe du jour
La route passage enveloppé
Genou fléchi
Sous l’écorce sable
Telle
La fuite en glissant
Marcher sur la pointe du monde
Un navire désolé
En échec
Akène fuyant
La grève grise
Au tournant
Marcher sur la pointe du jour
La route passage enveloppé
Genou fléchi
Sous l’écorce sable
Telle
La fuite en glissant
Marcher sur la pointe du monde
Un navire désolé
En échec
Akène fuyant
La grève grise
Au tournant
Prends cette pierre et déchire un pan de ciel. Par cet oubli nous apercevrons peut-être la qualité du vide.
Le trouble de la joue s’ajoute à l’émeute de l’égarement dans la couleur.
Le pinceau exécute la permanence du mime et dépose délicatement une perle d’interrogation sur le sol de l’espérance.
Nous nous appuyons sur le vide pour danser délicatement comme font les marionnettes au son du marteau.
Toi que l’on dit qui bois de cette eau presque absente,
Souviens-toi qu’elle nous échappe et parle-nous.
La décevante est-elle, enfin saisie,
D’un autre goût que l’eau mortelle et seras-tu
L’illuminé d’une obscure parole
Bue à cette fontaine et toujours vive,
Ou l’eau n’est-elle qu’ombre, où ton visage
Ne fait que réfléchir sa finitude ?
— Je ne sais pas, je ne suis plus, le temps s’achève
Comme la crue d’un rêve aux dieux irrévélés,
Et ta voix, comme une eau elle-même, s’efface
De ce langage clair et qui m’a consumé.
Oui, je puis vivre ici. L’ange, qui est la terre,
Va dans chaque buisson et paraître et brûler.
Je suis cet autel vide, et ce gouffre, et ces arches
Et toi-même peut-être, et le doute : mais l’aube
Et le rayonnement de pierres descellées.
Une Voix, Yves Bonnefoy, in Pierre Écrite
Les voix se mêlent pour que se forme la parole indéchiffrable, secret de la séparation.
Je suis l’arbre
L’arbre me suit
Je l’enlace
Il me retient
Sa sève s’insinue
Dans mon sang
Et mon cœur
Pris dans l’entrelacs de ses branches
Bat comme le tam-tam des temps futurs
Je me fonds dans son écorce rude
Tandis que ses racines grondent en silence
Couronne d’un royaume souterrain
Ses feuilles aux limbes vibratiles
Me dévoilent et me dissimulent
Quand mes pieds s’enfoncent
Dans la terre noire au bord du vide
La nausée tend ses bras
Et je tombe dans la pupille croissante
De la nuit
Dissoute
Mais toi l’arbre
Tu n’as pas frémi
Enlace-moi
Et ferme les yeux
Vibration délicate, elle arrive tout d’abord avec langueur, elle s’installe sans déranger et puis un jour, tu t’aperçois de sa présence, tu la contemples, tu t’en étonnes. Elle s’est lovée sur elle-même, elle s’est alourdie d’un coup pour asseoir sa puissance, s’emparant du pouvoir avec autorité. Coup d’état d’âme !
Extrait de Lassitude, par Frédérique Martin. Lire le texte en entier chez Lignes de vie.
Écoute, il ne fait pas froid. C’est ce vide qui façonne la forme cristalline de l’absence.
J’ai perdu la moitié d’un autre, dis-je à ma tête fendue. Prends le deuil ou la fuite, me hurla la Colère, tandis que la Paix soupira : Pars à sa reconquête.
Mais toi, Colère, tu me laisses, en partant, comme un linge essoré tombé de sa corde.
J’étais ce drap blanc gonflé comme une voile. Échafaudant les délices de la fuite, fol esquif sans étoiles ni boussole.
Et toi, Paix, me diras-tu donc les méandres de ton plan d’invasion ? Comment entends-tu t’infiltrer derrière ces créneaux aveugles ?
« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe, répondit-elle. Si quelqu’un entends ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »
Puisse ma tête fendue avoir gardé une oreille.
Prenons une muse et coupons-la
Dans le sens de la longueur Dis-tu
D’ici j’entends la cause Scylla
De ta langueur diffuse têtue
Une trêve une pause décidée
Pour terminer ce rêve éveillé
Sur la lune marchons sur la tête
Un pied puis l’autre au bord de la crête