Lenteur, 2 : Flâner

C’est un lieu commun de le dire, mais flâner à Paris relève de la gageure. Trop de bruit, trop de monde, trop d’agitation et d’empressement. Mon lieu commun à moi, c’est flâner le long des quais de la Seine, s’arrêter devant un bouquiniste, prendre une vieille édition originale protégée de la poussière urbaine par sa couverture transparente, jeter un coup d’oeil furtif au prix, inscrit au crayon dans le coin supérieur droit de la première page, reposer le livre, un recueil d’Aragon, reprendre tranquillement son chemin. C’était il y a bien longtemps. Aujourd’hui, je flâne jusqu’au square, en fin d’après-midi, avec ma fille contre moi. Je suis le chemin que mes pas ont choisi, au fil des jours. La rue commerçante. Je jette un coup d’oeil distrait aux étals de poisson ou de fruits, les barquettes de framboises me font de l’oeil, mais je continue ma route. Je ne passe pas inaperçue… enfin plutôt, c’est ma fille enveloppée dans son écharpe qui attire les regards, attendris ou curieux. Je longe l’église, et parfois, rarement, j’y entre quelques instants. J’espère toujours m’y rencontrer moi-même, dans ce silence qui résonne de toute la hauteur de la voûte, dans cette atmosphère lourde d’un recueillement qui me serait presque… étranger. Je ne m’y suis pas trouvée, alors je retourne à l’agitation profane de la rue et reprends mon chemin. Quelque chose a changé, malgré tout. Peut-être est-ce mon regard sur les choses ou juste la lumière du jour…

5 réflexions sur « Lenteur, 2 : Flâner »

  1. J’ai longtemps trouvé fierté à marcher plus vite que tous les parisiens qu’il m’était donné de croiser… Quand j’ai attendu mon aîné, j’ai ralenti, tout doucement et j’ai savouré de me faire doubler ! Je connais ces petits regards curieux et parfois tendres glissés jusqu’au fond de l’écharpe, ces flâneries sur les quais, ces espoirs laissés au seuil des églises ou devant la lumière douce que les cierges laissent sur les minois de mes petits…
    Nous vivons à côté du Parc Georges Brassens, si d’aventure….

  2. il fut un temps ou je flanais aussi a paris sans enfants
    ajourd’ hui je  » flane me promène avec les 3 enfants un dans l’ écharpe dans le dos et nous regardond les insects , arbres fleurs , jouans a grand mêre veu tu ect
    et puis je ne flane plus dans paris mais tout en bas de la france au soleil !!!!!!!

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